AVS 21

Le 25 septembre, la population a décidé d'accepter à une très courte majorité la réforme d’AVS 21, ainsi que la hausse de la TVA.

photo Valdemar Verissimo

Si le oui l’a emporté c’est de justesse, avec une majorité de non en Suisse romande et une majorité de femmes partout dans le pays. Le oui était pourtant largement soutenu, non seulement par les partis de droite, du centre et par le patronat, mais aussi par le ministre socialiste Alain Berset qui a fait du zèle durant toute la campagne. La presse, notamment alémanique, s’est largement positionnée pour le oui. Les sondages l’ont donné largement gagnant, pesant sur le moral du camp du non qui a pourtant bataillé jusqu’au bout arrachant quasiment la moitié des voix.

Encore une fois ce sont les travailleuses les plus précaires, celles qui ont les métiers les plus pénibles et les salaires les plus bas qui vont payer le prix fort de cette réforme, en particulier les travailleuses en première ligne, celles qui nous soignent quand nous sommes malades, celles qui nous assistent quand nous sommes âgé·e·s, celles qui gardent nos enfants, celles qui, même pendant le confinement, ne se sont pas arrêtées, car si elles s’arrêtent tout s’arrête.

Encore une fois, ce sont les femmes qui devront payer la facture, alors que leurs salaires sont plus bas, leurs métiers sont dévalorisés, leurs conditions de travail sont de plus en plus stressantes et pénibles. Et que ce sont toujours elles qui assument la majeure partie du travail non rémunéré, en particulier la prise en charge des enfants. Dans un pays où l’accueil extrafamilial reste sous-développé, 80% des mères ont un emploi à temps partiel car ce sont toujours elles qui jonglent entre emploi et enfants. Arrivées à la retraite, elles payent la facture et ont des rentes inférieures de 37% à celles des hommes.

Le résultat de ce dimanche ne peut rester sans conséquences. Durant toute la campagne, nous avons entendu les promesses des supporters d’AVS 21, en particulier des femmes bourgeoises. Oui l’égalité des salaires n’est pas réalisée. Oui nous allons nous battre pour. Oui les rentes des femmes sont plus basses, mais c’est à cause du 2ème pilier et nous allons remédier à ce problème. Nous avons entendu.

Et maintenant nous voulons des faits.

Le SSP exige des mesures concrètes et rapides pour appliquer la Loi sur l’égalité : il faut des contrôles étatiques et des sanctions, mais il faut aussi revaloriser les métiers typiquement féminins, notamment dans le secteur de la santé et de l’éducation, qui souffrent de pénurie de personnel et il faut investir dans les structures d’accueil pour les enfants. Le SSP exige aussi des mesures pour améliorer les rentes des femmes : il est inadmissible que les femmes retraitées touchent 37% de rente en moins que les hommes.

Enfin, il faut prendre des mesures de protection des salarié·e·s âgé·e·s de plus de 55 ans et abandonner toute idée d’augmenter l’âge de la retraite au-delà de 65 ans.

Le SSP ne s’attend pas à des miracles, car nous savons que seule la lutte paye. C’est pourquoi, dès demain, notre syndicat va commencer à préparer une nouvelle grève féministe pour le 14 juin 2023.


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  • AVS 21 : 65 ans c'est toujours NON!

    65 ans, c'est toujours non!